Ce lundi 2 juillet 2018, les Centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS) ouvrent un jeu de données sur la sécurité en mer. L’occasion de se pencher sur une thématique plus que d’actualité avec le début des vacances et de proposer quelques exemples de réutilisations.
Les Centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS) ouvrent leur données sur la sécurité maritime

Avec l'arrivée des beaux jours, de nombreuses personnes s'apprêtent à partir en vacances au bord de la mer. Beaucoup vont se baigner, pratiquer des activités nautiques ou naviguer.

La France possède le second domaine maritime au monde et la mer est un atout économique et touristique incontestable pour le pays. C'est un territoire que la population s'approprie de plus en plus avec la baignade, les loisirs nautiques et la plaisance. En mer, la surveillance et la sécurité sont assurés par les collectivités locales lorsque l'on se trouve très proche du littoral et par les Centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS) lorsqu'on s'éloigne à plus de 300 mètres de la terre. La tâche est ardue : par exemple, le CROSS de la Réunion a la responsabilité d'une zone de 5,6 millions de km2, sans compter les 2,7 millions de km2 de zone économique exclusive. La mer est pour autant une zone sûre notamment grâce à l’implication forte des services de sécurité et de secours institutionnels ou des associations, en particulier la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM).

Une démarche pro-active d’ouverture des données

Cette année, avec l'intervention de deux entrepreneurs d'intérêt général (défi Prédisauvetage), la Direction des Affaires Maritimes (DAM) s'est engagée dans une démarche d'ouverture au public des données dont elle dispose. Cette démarche répond à des obligations réglementaires nationales et communautaires. Au plan national, ces obligations ont été notamment renforcées par la loi pour une République numérique promulguée le 7 octobre 2016 : l'ouverture des données publiques devient la règle et non plus l'exception. L'article L. 312-1-1 du Code des relations entre le public et l'administration détaille les modalités de mises à disposition des données.

La DAM, en collaboration avec Etalab, a œuvré à l’ouverture du jeu de données SECMAR (secours maritime). Ce jeu de données correspond aux données statistiques disponibles sur les interventions d’assistance et de sauvetage coordonnées par les CROSS. Ces données sont renseignées depuis 1985, ce qui correspond à un volume total de plus de 250 000 opérations en juin 2018 ! Pour chaque opération d’assistance ou de secours coordonnée en eaux françaises, sont renseignés :

  • le motif d’intervention ;
  • les flotteurs impliqués ;
  • quand, comment et par qui l’alerte a été donnée ;
  • la localisation et les conditions météorologiques ;
  • les moyens aériens, nautiques ou terrestres qui sont intervenus ;
  • le bilan humain à la clôture de l'opération.

Ces données sont diverses : elles concernent la mer, les activités commerciales en mer (location, pêche, transport de marchandises, transport de passagers) et la chaîne de secours aux personnes. Les acteurs susceptibles d'être intéressés par ces données sont donc nombreux : les professionnels du secours, les professionnels de la mer, les départements et préfectures, les fédérations d’usagers, les loueurs de matériel, les plaisanciers et pratiquants de loisirs nautiques, les journalistes… et toute personne curieuse.

Professionnels ou curieux, voici quelques cas d’utilisation des données SECMAR.

Vous avez entendu parler de l’isolement par la marée ? Ce phénomène se produit quand des promeneurs, surpris par la marée montante alors qu’ils se promènent sur la plage, se retrouvent encerclés d’eau.

Les données SECMAR permettent de recenser les zones géographiques où se déroulent la majorité des isolements par la marée :

Une carte de la Bretagne avec des points indiquant les endroits où ont eu lieu des isolements par la marée en 2017Cas d'isolements par la marée en 2017 sur la côte atlantique de la France. © Elsa Luneville

Quand une personne a besoin d’aide en mer, pour un isolement par la marée ou pour autre chose, elle peut joindre les CROSS de différentes façons. Connaissez-vous tous les moyens de donner l’alerte et la part d’utilisation de chacun d’entre eux ?

Un graphique montre les moyens utilisés pour donner l'alerte pour un problème en merLes moyens utilisés pour donner l'alerte au 2 juillet 2018. © Antoine Augusti

Vous l’avez vu, les données SECMAR permettent un niveau de détail très fin. Elles peuvent également être croisées entre elles pour un résultat d’une granularité rare. Un exemple : les données sur le bilan humain concernant les interventions sur des chutes à la mer de personnes seules sur des navires de pêche, sujet très spécifique en soi.

Des histogrammes indiquent le nombre de personnes ayant fait une chute en mer après être allé pêcher en solitaire et leur destin.Le bilan humain de chutes en mer par des personnes ayant été pêcher seules. © Antoine Augusti

Les données SECMAR permettent de répondre à nombre d’autres questions : comment évolue le nombre d’interventions chaque année ? Les collisions et abordage ont-ils lieu entre des navires de plaisance, de commerce ou de pêche ? Si bien que les deux entrepreneurs d’intérêt général (EIG), Antoine Augusti et Elsa Luneville, développent dans le cadre du défi Prédisauvetage un outil de visualisation cartographique de toutes ces données.

Voici une démonstration de l’outil en cours de construction : https://www.dailymotion.com/video/x6mtb23

Inspirés, intrigués, curieux ? Nous vous invitons à explorer ce jeu de données et à partager vos cas de réutilisations.

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