La nouvelle version de data.gouv.fr a 1 an. Pour l'occasion, nous vous proposons une retrospective des moments forts de l'année. Troisième épisode: les accidents de la route ou comment les prévenir à l'aide des données ouvertes ?
[Retrospective] Episode 3: Les accidents de la route
Crédits photos Altic SA

Le Ministère de l'Intérieur a publié sur data.gouv.fr plusieurs fichiers concernant les accidents corporels de la route sur la période 2006-2012. Le dernier en date fournit quantité d'informations sur les conditions de l'accident (localisation, horaire, luminosité, météo), les véhicules et les conducteurs (âge et sexe des personnes impliquées, motif du déplacement, ...).

Cette base est issue des renseignements collectés sur les lieux par les services de police et de gendarmerie. Pour la seule année 2012, ce sont ainsi plus de 60 000 accidents, dont près de 3 400 mortels, qui sont recensés. Ces données sont très riches et granulaires (pas de statistiques aggrégées), mais présentent cependant de nombreux problèmes de géocodage (mauvaise qualité de la localisation des accidents dans certains départements).

Plusieurs évènements organisés au cours de l'année 2014 ont permis d'améliorer ce fichier afin de le rendre plus facilement exploitable. La société Logilab a ainsi proposé une interface d'exploration permettant de construire des "requêtes" avancées pour repérer, par exemple, l'ensemble des accidents impliquant un vélo et un piéton à une intersection.

Lors du hackathon co-organisé par le Ministère de l'Intérieur et l'Open Knowledge Foundation, les équipes de Rue 89 ont réalisée une cartographie interactive des accidents. Ils se sont appuyés sur le travail précédemment réalisé par les réutilisateurs qui avaient corrigé et enrichi le fichier initial. On voit là tout l'intérêt de permettre la re-publication de jeux de données améliorés sur data.gouv.fr: construire peu à peu un jeu de données plus riche et de plus grande qualité.

Les réutilisations de ces données sont multiples:

  • Pour les collectivités: mieux connaître les lieux à risque, en croisant ces données avec celles du trafic routier pour repérer les actions prioritaires en matière de signalisation ou d'aménagement de la voirie (cette analyse a pu être réalisée pour Paris, notamment),
  • Pour les habitants et les associations: donner un accès direct aux faits tels qu'ils ont été constatés sur le terrain peut alimenter une demande auprès des pouvoirs publics,
  • Pour le grand public: des visualisations interactives, telles que celles réalisées par Jonathan Trajkovic (Altic, copie d'écran ci-dessus), permettent de mieux appréhender les réalités qui se cachent derrière les chiffres,
  • Pour les chercheurs, les données "brutes" permettent de mieux décrire, expliquer et prédire les conditions les plus "accidentogènes".

Aujourd'hui ces données sont représentées le plus souvent sous forme de cartes. Mais l'on peut aisément imaginer que, demain, votre GPS de voiture vous indique les zones et les conditions qui présentent le plus fort risque d'accidents corporels...

-- à relire: les deux premiers épisodes de cette retrospective: "Nos territoires ont-ils un sexe ?" et "Mon maire s'appelle Michel".

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