Observée de près par les médias, la nuit du Nouvel an reste encore trop associée à ses excès, mais est-elle vraiment une nuit plus dangereuse que les autres ?
La nuit de la Saint-Sylvestre est-elle moins sûre que les autres ?

C'est l'histoire d'un article qui refait surface chaque 1er janvier, celui du bilan des festivités de la nuit du Nouvel an. Décomptes des voitures brûlées, agressions mortelles, hospitalisations à la suite d'une mauvaise utilisation de feux d'artifices, incivilités. Les chiffres de cette nuit sont scrutés par les pouvoirs publics et les médias. A tel point que cette exposition éphémère ferait presque passer la Saint-Sylvestre pour la nuit de tous les dangers.

Pour faire le point sur cette nuit si particulière, nous disposons des chiffres départementaux relatifs aux crimes et délits enregistrés par les services de police et de gendarmerie depuis janvier 1996, anciennement appelés « État 4001 ». Ces chiffres, malheureusement mensuel, permettent toutefois de se faire une idée de l'impact du 31 décembre sur l'augmentation ou non des faits constatés.

Nous avons décidé de ne conserver que dix délits significatifs sur la liste de 107, établie par le Ministère de l'Intérieur. La quasi-totalité de ces chiffres ne permettent pas de déceler un effet Saint-Sylvestre. Ainsi les services de police et de gendarmerie n'enregistrent pas une augmentation particulière des dégradations de biens publics pour le dernier mois de l'année sauf en 1996. Il en est de même pour les dégradations de véhicules privés. Les chiffres des mois de décembre (représentés en rouge) se trouvent même dans la fourchette basse de la totalité.

Les vols de véhicules, après des mois de décembre 1996 et 1997 records, ont aussi suivi la tendance globale à la baisse (2,5 fois moins de vols entre 1996 et 2014). A l'inverse, les plaintes pour coups et blessures volontaires ont été quasiment multiplié par trois sur cette période. Mais depuis le début des années 2000, les mois de décembre ne sont pas exceptionnels.

Seul chiffre à sortir du lot, celui des cambriolages de résidences principales. La fin d'année est ainsi une période chargée pour les cambrioleurs. Sur les 19 années qui séparent 1996 de 2015, 12 ont connu des mois records en décembre ou en janvier. Plus que l'effet 31 décembre c'est principalement la période des fêtes propice aux rapprochements familiaux qui laisse des logements vides.

Les fêtes de Noël et du Nouvel an sont aussi surveillées de près par les services de police et de gendarmerie pour les comportements à risque qu'elles peuvent engendrer sur la route. Depuis 2010, le Ministère de l'Intérieur publie également des données détaillées sur les accidents de la circulation avec une précision journalière. L'occasion d'observer que cette période est aussi une des moins accidentogène de l'année avec seulement une centaine d'accidents constatés par jour. Et de quoi constater que non, la nuit de la Saint-Sylvestre n'est pas moins sûre que les autres.

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