Quels usages pour les données ouvertes par l'Etat et les collectivités locales ?
Publié le 05/12/2011
La mise à disposition des données publiques va permettre à des entreprises, des scientifiques, des développeurs de logiciels, des étudiants ou encore des journalistes d’agréger des informations, de les analyser et d’imaginer des services et des applications innovantes au bénéfice des citoyens. Les expériences d'Open Data déjà conduites à l'étranger notamment permettent un premier regard intéressant.
Des données brutes, en grande quantité, accessibles et disponibles en ligne et gratuites. Oui, mais, pour quelle utilisation exactement?
Les informations publiques mises à disposition par l'Etat et les collectivités locales sur la plateforme data.gouv.fr ont avant tout vocation à être un vecteur d'innovation et de croissance.
Grâce au Data connexions, programme de soutien et d’encouragement impulsé par Etalab, ces données publiques ont vocation à être valorisées pour contribuer à la création d’applications mobiles par exemple, ou encore de nouveaux services pratiques pour les citoyens notamment.
Parmi les initiatives déjà menées sur le territoire, lancé en octobre 2010, le portail Open Data de la métropole rennaise a déjà permis par exemple, d'entrevoir certaines réutilisations pertinentes des données publiques. Le site web HandiMap.org s’appuie par exemple sur un recensement « des bateaux » (les trottoirs rabaissés) pour proposer un service de calcul d’itinéraires pour les personnes à mobilité réduite. L'application pour téléphones mobiles Transports Rennes offre elle en temps réel l'intégralité des horaires des transports publics dans l'agglomération rennaise. Autre réutilisation notable, celle faite par les concepteurs du site Urbanility.com, qui permet de calculer la distance qui sépare une adresse donnée d’un ensemble de services de proximité (Bureaux de Poste, transports en commun, boulangerie, supermarchés, parkings...).
Des applications à forte valeur ajoutée pour les citoyens
A l'étranger, en particulier en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, l'Open Data a donné naissance à de nombreux services à forte valeur ajoutée pour le citoyen et la gestion de l'espace public. Le site Where My Money Goes.org (« Où va mon argent ») permet ainsi de visualiser la répartition des dépenses publiques et d'explorer très simplement l'usage qui est fait des impôts de chacun.
Le site Seeclickfix.com (« Voir, cliquer, réparer ») vise lui à améliorer le bien-être dans les villes en offrant aux citoyens, associations et médias la possibilité de signaler des problèmes dans leur commune. Nids de poules sur les routes, graffitis ou bien épaves de voiture, les citoyens peuvent alerter leurs élus, proposer des solutions et voter pour les problèmes à régler en priorité.
« Co-construction » des politiques publiques
Avec l'essor des tablettes tactiles et de la téléphonie mobile 3G – 46 millions de Français en feront déjà usage en 2012 – l'ouverture des données publiques favorisera très certainement l'apparition de services et d'applications interactives dites de « réalité augmentée », renforçant les échanges entre les citoyens et leurs représentants, et exploitant les technologies de datavisualisation Ainsi, peut-on déjà imaginer des mairies reliées directement à leurs administrés grâce à des applications mobiles ou des sites web. C'est ainsi à une véritable « co-construction » de l'action publique, plus efficace et réactive, à laquelle nous pourrons assister.